En moyenne 23 % des salariés français travaillant dans le secteur privé ont eu un arrêt maladie en 2005 d’après cette étude de l’Irdes (Institut de recherche et documentation en économie de la santé), mais cette proportion varie du simple au double selon les départements, allant de 13 % dans les Hautes-Alpes à 28 % dans les Ardennes
Après avoir analysé les données de 2005 de l’Assurance vieillesse et de l’Assurance maladie, les experts de l’Irdes ont essayé de comprendre pourquoi il existait de telles disparités entre les départements. Ils ont identifié trois premières variables « les plus déterminantes en terme de variance interdépartementale des arrêts maladie ».
La première est l’intensité des contrôles des arrêts de travail : elle expliquerait 31,4 % des disparités géographiques. Le taux moyen d’activité de contrôle des arrêts de travail de courte durée (moins de 45 jours) par l’Assurance maladie est de 13 %, variant de 10 % en Mayenne à 17 % dans la Nièvre.
La deuxième est la densité de médecins généralistes, qui expliquerait 28,7 % des disparités. « Un département avec une densité de médecins élevée peut se caractériser par une fréquence des arrêts maladie plus forte parce qu’il offre un accès plus facile aux soins » et parce qu’il existe « une concurrence entre médecins », explique l’étude de l’Irdes. Cette variable explique peut-être le fort taux d’arrêts dans les zones fortement urbanisées par rapport à la moyenne nationale.
La troisième variable concerne le malade : il s’agit de l’âge d’entrée sur le marché du travail. Plus on commence à travailler tôt, plus on a de risques d’être arrêté. Cela est lié à la nature du métier exercé, les métiers manuels s’apprenant par l’apprentisage.
D’autres facteurs individuels ont été relevés sur les arrêts maladies. Les hommes s’arrêtent moins que les femmes et les arrêts maladie augmentent avec l’âge. Les salariés qui ont été au chômage ou qui sont en situation précaire (CDD, intérim) sont moins enclins à s’arrêter. Les alsaciens, affiliés à un régime spécial plus généreux que le reste de la France, sont dans le haut du classement.
